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Énergie

Électricité tirée d'un volcan sous-marin : 8,7 secondes de succès

Publié le 31 octobre 2026 · 4 min de lecture

Coupe du fond de l'océan montrant le prototype Adélie posé à 1 500 mètres de profondeur près d'une source hydrothermale à 281 °C, avec ses résultats : pic de 16,5 kW et 8,7 secondes de production nette.
Illustration : Watt Next

Au fond du Pacifique, sur un volcan actif, une petite machine a réussi à produire plus d'électricité qu'elle n'en consommait. Pendant 8,7 secondes. Ça paraît ridicule, mais c'est une première étape vers une énergie qui ne dépend ni du soleil ni du vent. On fait le tri entre l'exploit et la promesse.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 27 septembre 2026, l'entreprise américaine Endurance Energy a testé un prototype baptisé Adélie sur le volcan sous-marin Axial, par environ 1 500 mètres de fond.
  • La machine utilise de l'eau à environ 281 °C, chauffée par le volcan, pour faire tourner une turbine et produire de l'électricité.
  • Pendant 8,7 secondes, elle a produit plus qu'elle ne consommait, avec un pic à 16,5 kW.
  • L'essai s'est arrêté à cause de problèmes techniques. Les résultats viennent d'un communiqué de l'entreprise, pas d'une étude scientifique vérifiée.
  • Un nouvel essai est prévu pendant l'hiver 2026-2027.

Un volcan, une turbine, et beaucoup de pression

Axial est un volcan actif situé dans l'océan Pacifique, à environ 480 kilomètres des côtes de l'Oregon, aux États-Unis. Comme beaucoup de volcans sous-marins, il possède des sources hydrothermales : des cheminées naturelles par lesquelles jaillit de l'eau de mer chauffée par le magma.

À 1 500 mètres de profondeur, cette eau peut dépasser 250 °C sans bouillir. La raison : la pression énorme de l'océan au-dessus, environ 150 fois celle que tu ressens à la surface. C'est le même principe qu'une cocotte-minute, en beaucoup plus fort.

L'idée d'Endurance Energy est simple sur le papier : capter cette eau brûlante, s'en servir pour faire tourner une turbine reliée à un générateur, comme dans une centrale classique. Sauf qu'ici, la centrale est posée au fond de la mer.

Comment s'est passé l'essai

Le prototype Adélie pèse 3 tonnes. Il était piloté depuis Seattle, grâce à un câble de communication sous-marin. Selon Techno-Science, qui a publié les résultats le 30 octobre : - un premier puits de 16 mètres a été foré sous le fond de l'océan. L'eau y atteignait 260 °C, mais elle ne coulait pas assez fort ; - l'équipe s'est donc branchée sur une source hydrothermale voisine, à environ 281 °C ; - la turbine a tourné jusqu'à environ 26 000 tours par minute ; - pendant 8,7 secondes, la machine a produit plus d'électricité qu'elle n'en utilisait. Le pic a atteint 16,5 kW, et la production nette tournait plutôt autour de 2 kW.

Pour te donner une idée : 2 kW, c'est à peu près la puissance d'un radiateur électrique ou d'une bouilloire. Le pic de 16,5 kW, c'est plutôt celui d'une borne de recharge rapide à domicile pour voiture électrique.

Ensuite, ça s'est gâté. Un système de protection électrique a coupé l'appareil. Au redémarrage, un câble de pompe a été abîmé, et l'essai a été arrêté.

Pourquoi c'est intéressant quand même

Le grand défaut du solaire et de l'éolien, c'est qu'ils ne produisent pas tout le temps. La nuit ou sans vent, il faut des batteries ou d'autres centrales. La géothermie, qui utilise la chaleur de la Terre, n'a pas ce problème : elle fonctionne jour et nuit, toute l'année.

Sur la terre ferme, la géothermie produit déjà de l'électricité dans des pays volcaniques comme l'Islande. Mais les endroits favorables sont rares. Sous la mer, les sources hydrothermales sont nombreuses le long des dorsales océaniques, ces chaînes de volcans sous-marins. Si on savait les exploiter, ce serait une source d'énergie continue et bas carbone.

C'est ce que vise Endurance Energy : à terme, des centrales sous-marines qui produiraient sans interruption.

Ce qui reste à prouver

Tout, ou presque. Voici les grandes questions : - La fiabilité. Une machine qui tient 8,7 secondes doit apprendre à tenir des années, sans technicien pour la réparer, sous une pression écrasante et dans une eau très corrosive. - Le débit. Le premier puits ne donnait pas assez d'eau. L'entreprise veut forer plus profond pour en obtenir davantage. - L'acheminement. Produire de l'électricité au fond de l'océan, c'est bien. L'amener jusqu'à la côte, à des centaines de kilomètres, c'est un autre chantier. - L'environnement. Les sources hydrothermales abritent des écosystèmes uniques, avec des animaux qui vivent sans lumière du soleil. L'impact d'une exploitation à grande échelle reste inconnu.

À noter aussi : les chiffres viennent du communiqué d'Endurance Energy. Aucune publication scientifique relue par d'autres chercheurs ne les a encore confirmés.

Alors, ça change quoi ?

Ce qui est prouvé : selon l'entreprise, on peut tirer un peu d'électricité nette d'une source hydrothermale profonde, pendant quelques secondes.

Ce qui est une promesse : des centrales géothermiques sous-marines qui alimenteraient des villes, jour et nuit. Prochaine étape : un nouvel essai avec un prototype modifié pendant l'hiver 2026-2027.

Dans combien de temps ? Pas avant longtemps. Entre un test de quelques secondes et une centrale qui alimente le réseau, il faudra des années d'essais, sans doute plus d'une décennie si tout va bien. Si tu vois passer sur TikTok « l'énergie infinie des volcans sous-marins », tu sauras que, pour l'instant, elle a tenu moins de dix secondes.

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